Cookies   I display ads to cover the expenses. See the privacy policy for more information. You can keep or reject the ads.

Video thumbnail
La traduction automatique est extrêmement difficile. Et pour le prouver, je vais relire cette introduction
après l'avoir fait passer par le traducteur de Google – actuellement l'un des meilleurs au
monde – et puis la faire retraduire.
La traduction automatique est très difficile. Est actuellement l'un des meilleurs dans le monde
– puis retraduire, et pour le prouver, je vais lire cette introduction
–après avoir traversé le traducteur de Google.
D'accord, j'ai choisi une langue difficile, mais chaque langue que j'ai essayée a inséré des différentes erreurs
assez subtiles. En chinois, il avait traduit en "Google hair". Par le français, "introduction"
était devenu un "il"[he] et plus un "it"[neutre]. Et ces phrases étaient extrêmement simples.
Les gens qui ne parlent qu'une langue – et je suis gêné de dire que c'est le groupe auquel
j'appartiens, désolé – les gens qui ne parlent qu'une seule langue supposent souvent qu'on peut
ouvrir un dictionnaire de traduction, prendre un mot approprié, chipoter un peu avec la grammaire,
et avoir une phrase fonctionnelle dans une autre langue. Pour les phrases simples, oui, c'est
vrai, mais très peu de phrases dans la réalité sont aussi simples.
Google a récemment publié un article sur comment ils avaient réduit la traduction automatique à un problème
dans l'espace vectoriel mathématique, des représentations de concepts dans un espace linguistique abstrait.
Ce qui est génial pour associer des concepts à des mots, et ça résoudra bien les homographes,
des mots identiques qui signifient des choses très différentes. On peut les résoudre grâce au contexte:
les jours où «hydraulic ram» était traduit par des «mouton d'eau» appartiennent désormais
au passé.
[RIRE HORS CHAMPS]
Trouvez l'ingénieur.
Pour des documents techniques et formels, ça peut même commencer à bien marcher.
Mais pour la communication informelle, ce n'est pas aussi simple.
Allez, même traduire entre l'anglais britannique et américain n'est pas toujours facile.
Pas parce que le "hood"[capot] de votre voiture est notre "bonnet", mais parce que une "brave idea"
n'est pas un compliment en anglais britannique, ça signifie que vous êtes un imbécile et que votre idée
est impossible.
Il y a des concepts qui ne se correspondent pas entre les langues. "Bonne nuit" peut
signifier littéralement la même chose que "buenas noches" – Pardon pour la prononciation –
mais l'un se dit au moment d'aller se coucher, et l'autre se dit pour dire bonjour ou
au revoir dès qu'il fait noir.
Puis on trouve des concepts qui ne se traduisent pas du tout d'une langue à l'autre. "You"
se traduit par "vous" si c'est une personne à qui on doit le respect, et "tu" si c'est
une conversation plus décontractée. Ou si on parle à Dieu. Non, vraiment. Dieu est
"tu". Un ordinateur fusionnera les deux en "you" en traduisant dans d'autres langues,
Et il ne saura pas du tout lequel des deux utiliser en traduisant en français.
Et c'est encore un système honorifique simple. Le coréen a un ensemble de pronoms
bien plus compliqué pour toutes sortes de situations. Vous voyez ça? La ligne répétée: oppan Gangnam
style. La traduction de "oppa" est généralement "le frère aîné d'une femme":
mais en langage courant, "oppa" désigne quelqu'un sur base d'une série de règles floues et
compliquées que les locuteurs natifs comprennent instinctivement. Pour empirer les choses, PSY
réfère à lui-même à la troisième personne, ce qui sonne très bizarre quand c'est traduit
du coréen. Il n'y a pas moyen de traduire tous les sens de ces mots en une seule
phrase anglaise.
Puis on a le problème des attentes communes. Les cultures anglophones sont plutôt monochrones:
si on donne rendez-vous à quelqu'un à onze heures, on attend que vous soyez là vers onze
heures. Bon, les groupes d'amis contournent souvent ça – "la fête commence à six
heures" signifie que les gens se pointeront entre six et neuf heures. Mais imaginez que ce manque
de ponctualité, et d'acceptation de manque de ponctualité, s'étendait à tous les aspects de la
vie quotidienne. Bienvenue dans le reste du monde. Une grande partie de la planète vit
selon le temps appelé polychronique. Deux rendez-vous en même temps? Pas grave, ils
vont comprendre. Et ils comprendront.
Il va sans dire qu'il y a souvent un choc culturel significatif quand des gens monochroniques et
polychroniques se rencontrent. Mais la traduction automatique ne verra pas une phrase comme "Je
te vois à 7h" et n'ajoutera pas une note pour quelqu'un d'une culture polychronique que non, vraiment,
c'est vraiment 7h et ils ne seront pas contents si vous êtes en retard.
Au final, pour traduire quelque chose fidèlement, il ne faut pas seulement savoir comment les mots
s'associent aux concepts: il faut comprendre les structures sociales, les sous-entendus, la nuance.
Il faut au moins une théorie de l'esprit de base: l'idée que le locuteur et l'auditeur ont tous les deux
des croyances et des désirs exprimés par les mots particuliers qu'ils ont choisis. Les traducteurs
doivent pouvoir se poser des questions sur l'auteur original, pour pouvoir vérifier que les subtilités
qu'ils ajoutent à leur travail reflète bien leur intention.
Le problème n'est pas que la langue est brouillonne – les ordinateurs peuvent gérer ça, allez, ils
commencent à mieux décoder les CAPTCHA que les humains. Le problème est que la langue repose
sur l'intention, les secrets partagés, l'identité de groupe, et la connaissance implicite. Ne vous
méprenez pas, la traduction automatique est un outil utile, mais essayer de faire traduire une machine
mieux qu'un humain, c'est vraiment une... "brave idea".
[STFr: Alix]